Le haut potentiel en résumé :
Quelques notions éclairantes simples à transmettre autour de vous,
surtout concernant les profils hétérogènes…

Comme le dit Olivier Revol, « les enfants haut potentiel ne sont pas forcément plus intelligents, mais ils ont une forme d’intelligence différente. »

En effet, le haut potentiel est un fonctionnement neuronal particulier et traduit un mélange entre l’inné, l’environnement et la génétique et possède une intelligence en arborescence.

L’enfant haut potentiel interpelle, dérange même et pour cause…
il s’exprime souvent comme un adulte, pose et se pose beaucoup de questions, existentielles, 
il a la plupart du temps une estime de soi très faible et peu confiance en lui,
il n’a que très peu d’amis car en décalage avec les autres enfants du même âge,
il est créatif et curieux, passionné et sa pensée et sa réflexion fonctionnent en continu ce qui l’empêche de trouver le sommeil, 
il somatise jusqu’à pouvoir se rendre malade, 
il est souvent en quête de sens et de justice et donc très vite angoissé, 
il négocie à peu près tout et a un fort esprit de contradiction,
il fonctionne à l’affect,
il n’a pas toujours le goût de l’effort et souvent très peu voire aucune méthodologie,
il n’aime pas vraiment les règles et le cadre imposé et cela pose problème notamment dans le système scolaire où il est incompris et vu comme un élève insolent et perturbateur,
il peut avoir des difficultés d’apprentissages dont les causes sont multi factorielles etc…

Le fonctionnement d’un enfant haut potentiel est donc particulier, 
souvent difficile à comprendre pour l’entourage qui a en tête l’image d’Epinal de l’enfant surdoué avec des lunettes, premier de la classe, calme et attentif, brillant, ordonné et obéissant…
Accepter que cet enfant soit en difficulté scolaire, qu’il ne rentre pas dans le fameux moule, puisse présenter des troubles associés, pour qui ne connaît pas le sujet, c’est quasi impossible!

Et pourtant…
Un enfant haut potentiel 
– peut ne pas être un élève performant,
– peut même être en échec scolaire,
– peut avoir des troubles associés tels que les DYS ou le TDAH, le TOP,
– est souvent « hyper tout » : hypersensible et hyper émotif , avoir une hyperesthésie, 
– peut présenter une misophonie, des troubles DYS exécutifs encore très méconnus et/ou une dyssynchronie,
– avoir des tics et des tocs, autant de points qui ne font qu’accentuer un peu plus leur fonctionnement particulier.

Le haut potentiel peut alors aussi devenir un handicap et entraîner des difficultés plus ou moins importantes selon le profil de l’enfant.

Une chose est certaine, c’est que l’on ne peut pas faire une généralité de ces particularités et que chaque enfant haut potentiel est différent et unique, comme chaque être humain et ce fonctionnement neuroatypique est riche et ne devrait pas être perçu comme un problème.

D’où la nécessité d’un dépistage précoce…

Alors comment détecter une précocité intellectuelle et par qui?

Un bilan complet effectué chez un professionnel (psychologue-neurospychologue) sensibilisé et formé à la question de ce fonctionnement neuroatypique est nécessaire et doit se faire dans des conditions optimales afin que l’enfant soit en confiance et serein.

On parlera de précocité intellectuelle si l’enfant obtient un score à partir de 130 au test de QI, le WISC V. Mais il est important de ne pas s’arrêter au seul chiffre du QI qui donne une indication et de prendre l’enfant dans sa globalité et d’accompagner son développement émotionnel (on parle d’ailleurs de plus en plus du quotient émotionnel), d’autant plus qu’il y a deux types de profil à haut potentiel, homogène ou hétérogène.

Dans tous les cas, le bilan permettra de mettre en lumière les forces et les faiblesses de l’enfant et le professionnel sera en mesure de proposer un suivi adapté et personnalisé ainsi que des outils, trucs et astuces pour le soutenir tant dans le cadre scolaire que dans la sphère familiale et sociale.

A savoir également : dans le système scolaire, ces enfants sont « des élèves à besoins éducatifs particuliers » et ils peuvent bénéficier de prises en charge spécifiques.

Cultivons la différence et le talent de ces enfants!

Virginie Bouslama, Présidente de l’association Typik-Atypik