Le Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (le TDA/H)

Qu’est-ce que c’est ?

Le TDA/H est un trouble neurobiologique décrit cliniquement pour la première fois au début du XXème siècle. Il résulte d’un fonctionnement différent de certaines zones du cerveau dont le lobe frontal, responsable des fonctions comme l’inhibition, la planification et la modulation des réponses.

Il se caractérise par 3 symptômes principaux :

  • l’inattention,
  • l’hyperactivité
  • et l’impulsivité, présents à divers degrés.

Une personne peut aussi avoir un TDA sans hyperactivité et sans impulsivité.

Le déficit de l’attention ou l’attention multi-focalisée, c’est la distractibilité par des stimulis extérieurs ou ses propres pensées et du coup l’esprit s’évade, l’enfant a du mal à se concentrer et à écouter.

Il peut aussi être capable d’hyper focalisation sur une activité qui l’intéresse. Il peut également faire preuve d’une grande créativité.

1. L’inattention a de grandes répercussions sur les apprentissages à l’école car l’enfant a des difficultés :

– pour planifier son temps et à faire ses devoirs

– pour organiser son travail et son matériel (parfois abimé, oublié ou perdu)

– à maintenir son attention, surtout quand les tâches sont longues, répétitives et pour lesquelles il ne trouve aucun intérêt – pour appliquer les consignes

– à contenir son impulsivité en classe et à ajuster son comportement

2. L’hyperactivité

C’est l’activité motrice excessive, tout le temps et dans des situations inappropriées, comme la bougeotte, les impatiences dans les jambes, ne pas arriver à rester assis correctement et tranquillement, tapoter avec ses doigts, triturer des objets, bavarder ou parler sans attendre son tour…

3. L’impulsivité

C’est le fait d’agir avant de réfléchir, de couper la parole, de s’immiscer dans toutes les discussions, de ne pas arriver à anticiper les conséquences de ses actions. Cela entraîne aussi un besoin plus grand de sensations fortes et pousse l’enfant à prendre des risques inconsidérés…

Les manifestations :

Elles sont présentes partout, à tout moment, dans n’importe quelle situation, mais elles peuvent varier en intensité.

C’est justement cela qui en fait un trouble assez complexe à comprendre et à accepter par les autres et à vivre.

L’instabilité émotionnelle est un trait prédominant : les émotions fluctuent d’un moment à l’autre. Elles sont difficilement gérables pour l’entourage, souvent disproportionnées et incontrôlables pour l’enfant (colères, crises).

Ces sigles comportementaux s’aggravent particulièrement dans certains changements de situations (voyage, événement différent du quotidien, effort mental soutenu), et dans d’autres qui manquent d’intérêt, de sens ou d’interaction, comme écouter un cours assis sur une chaise sans bouger, faire ses devoirs, lire un texte long, effectuer des tâches répétitives.

On comprend alors aisément à quel point l’école peut être mal vécue par ces enfants-là et devenir un lieu inadapté à ses tempéraments.

A l’inverse, ces mêmes enfants peuvent faire preuve d’une très grande concentration et être calme quand ils se trouvent dans des situations stimulantes avec une gratification à la clé, notamment quand ils sont devant un écran ou quand ils font une activité qui les intéresse, les passionne ou qui a un intérêt pour eux.

Comment détecter un TDA/H ? Et par qui ?

Plusieurs données sont à prendre en compte et à analyser. Différents types de bilans sont nécessaires pour identifier les caractéristiques de l’enfant et rechercher d’éventuels troubles associés. Cela permettra une prise en charge adaptée.

Généralement posé vers l’âge de 7 ans, le diagnostic du TDA/H est réalisé par un neuropsychologue ou pédopsychiatre à l’aide de différents outils : tests psychologiques et neuro psychologiques, test de QI, échelles comportementales type Test de Conners, entretien avec les parents et l’enfant, remarques des enseignants et de tiers…

Il faut savoir que le TDA/H se rencontre rarement seul. Il peut être associé à d’autres troubles voir le masquer, comme par exemple, HP, DYS, et/ou les Troubles Oppositionnels avec Provocation (TOP).

Les conséquences sur les apprentissages

L’ école, face aux enfants TDA/H, qui peuvent être turbulents, impulsifs, créatifs et/ou rêveurs, peut anéantir leur estime de soi déjà faible voire les briser.

Alors que la plupart de ces enfants ont une intelligence normale, voire supérieure, ils rencontrent souvent des difficultés d’apprentissage et des retards en classe pouvant aller jusqu’à la phobie scolaire.

Des troubles DYS peuvent également s’y rajouter : dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysgraphie, etc…

Quels aménagements possibles à l’école ?

En France, la loi du 11 février 2005 reconnaît le TDAH comme un handicap.

Des aménagements scolaires sont donc prévus et les parents sont en droit d’en faire la demande (PPS, PPRE, PAP) auprès de l’établissement et du médecin scolaire mais aussi dans certains cas à la MDA (MDPH).

Dans ces documents, peuvent figurer différents types d’aménagements :

  • placer l’ enfant devant face au professeur et au tableau,
  • limiter la quantité de matériel sur le bureau,
  • donner des consignes courtes, précises, une à une,
  • établir un classeur de routines pour l’ enfant, consultable à tout moment,
  • utiliser un code couleurs par matière, pour faciliter le repérage,
  • en cas de difficultés à l’écrit, permettre à l’ enfant de n’écrire qu’une partie de la leçon, l’autre étant donnée en polycopié/scanné,
  • favoriser l’oral pour valoriser l’ enfant et maintenir son attention,
  • permettre à l’enfant de faire une pause s’il en a besoin voire de se lever ou de sortir de la classe,
  • autoriser des fidgets anti-stress, petits objets discrets qui rentrent dans la trousse,
  • s’asseoir sur un coussin ergonomique,
  • ne surtout pas le priver de récréation, sorties ou de sport, car il a besoin de ce temps de défoulement.

Il faut également savoir que l’enfant TDAH a souvent du mal à se repérer dans le temps, voire ne maîtrise pas du tout la gestion du temps qui passe et ils ont une tendance à la procrastination.

Il est aussi nécessaire de mettre en place des aménagements à la maison tels que :

  • Des routines quotidiennes, du matin et du soir
  • l’utilisation de la méthode Barkley
  • l’utilisation d’un tableau des tâches, d’un time-timer, d’un semainier
  • mise en place de temps de relaxation ou de reconnexion au corps

Se rappeler qu’une communication bienveillante et la reconnaissance du fonctionnement spécifique de son enfant TDA/H sont la base d’un bon accompagnement au quotidien.

Quelques livres :

  • Guide de survie pour les enfants ayant un TDAH : John F. Taylor, Ph. D – Editions Midi Trente
  • Comment aider mon enfant hyperactif ? : Marie-Claude Saiag, S. Bioulac, M. Bouvard – Éditions Odile Jacob
  • Mon cerveau a besoin de lunettes (enfant) : Annick Vincent — Les Éditions de l’Homme
  • Mon cerveau a encore besoin de lunettes (ado et adulte) : Annick Vincent — Les Éditions de l’Homme – L’hyperactivité, TDAH.

Le TDAH expliqué par les neurosciences :

– Le webdocumentaire Plongez en nos troubles » : http://www.plongezennostroubles.com/ – Un homme adulte canadien qui témoigne des implications de son TDAH sur sa vie : https://www.faceb00k.com/UMEDALIVE/posts/898618890303779

Virginie Bouslama, Présidente de l’association Typik’AtypiK