J’ai rencontré Dominique virtuellement, sur un groupe Facebook d’adultes neuroatypiques dont je fais partie, puis nous avons échangé à plusieurs reprises via messenger.

J’aime les possibilités que les réseaux sociaux nous offrent et les découvertes que l’on peut y faire…
Virginie Bouslama présidente de TypiK’AtypiK
✨Coucou Dominique,

Peux-tu te présenter en quelques mots ou lignes… nous dire qui tu es et ce que tu fais…

Alors, ce n’est jamais facile pour moi, car je fais soit dans le très long, soit dans le très concis.

Mais je vais essayer.

Je m’appelle Dominique, j’ai 44 ans, je vis actuellement en Alsace, je suis dans l’informatique ou j’essaye plus précisément et je n’ai de cesse d’apprendre de nouvelles choses.

Je suis originaire d’un quartier sensible de Dijon, une ville d’un peu plus de 150000 habitants.

Mais à l’instar de (marrant cette expression, car elle fait partie des expressions qui ne me parlent pas du tout et dont j’ai eu un peu de mal à retenir le sens) mon père, j’ai toujours eu envie dans ma vie d’aller de l’avant et je ne me suis jamais servi de lieu où j’habitais comme d’une excuse pour faire je ne sais quoi d’illégal.

– Quel a été ton parcours scolaire et professionnel ?

Au niveau scolaire, j’étais plutôt très bon en primaire et en même temps souffre douleur à ce moment là.

Les premiers de la classe sont rarement bien vus, pas plus que les gens différents.

Au collège, j’étais un peu en dessous de la moyenne…on me disait « peut mieux faire », sans me dire comment.

C’est là que j’ai commencé à sentir un vrai décalage entre les autres et moi…là où je me souviens que j’ai commencé à me conduire différemment des autres. Mes « camarades » pensaient à s’amuser, je pensais à travailler et seulement à ça.

Au lycée, j’ai eu le sentiment qu’enfin je me trouvais avec des personnes qui ne cherchaient pas à embêter leurs voisins.

Mes notes n’étaient pas meilleures…je suis quand même arrivé à rester dans un lycée coté de Dijon (le Lycée Carnot) et à avoir mon bac S au rattrapage.

J’ai choisi un bac S parce que le domaine scientifique est selon moi, moins sujet à interprétations.

Ensuite Étant donné que je voulais être gendarme (pour arrêter les méchants), j’ai commencé par une fac de Droit.

Je n’y ai fait qu’un an. Je crois avec le recul que j’avais un souci de compréhension et surtout de rendu des connaissances et de compréhension de ce qu’on attendait de moi.

Je me souviens d’un devoir en histoire du Droit que j’ai raté en devoir surveillé et qu’on a refait en Travaux Dirigés ensuite et là, j’ai réussi…et quand on m’a demandé pourquoi j’avais pas fait ça, j’ai dit ce que je pensais, à savoir que je ne savais pas que c’était ça qu’il fallait faire.

Ensuite, j’étais persuadé que je pouvais tenter ma chance au rattrapage… échec à nouveau.

Mes parents n’étaient pas très riches (mon père était ouvrier chez PSA et ma mère était mère au foyer), j’étais donc boursier.

Je ne sentais pas pouvoir faire mieux si je redoublais et de toute façon, pour conserver ma bourse, je devais passer d’un cycle long à un cycle court…j’ai donc téléphoné aux lycées pour entrer dans un BTS, en octobre.

J’ai pu trouver un lycée qui avait encore de la place pour un BTS en Comptabilité. J’ai pris. J’ai obtenu le BTS avec un peu plus de 11 de moyenne. Durant ce BTS, j’ai eu une matière qui s’appelait IAG (Informatique Appliquée à la Gestion).

Je me souviens que j’aimais notamment lire l’énoncé et créer la base de données. J’étais plutôt doué.

Je le suis resté. L’outil informatique m’a attiré aussi. Avec le recul, on avait un ordinateur à la maison, mais je ne me souviens pas l’avoir vraiment utilisé pour créer des programmes ou autres.

On recopiait juste les lignes de basic des magazines qu’on achetait. Mais en tout cas, ça m’a vraiment donné l’envie de m’orienter vers l’informatique. J’ai ensuite fait mon service militaire où j’étais serveur au foyer.

L’informatique et moi…J’ai ensuite été pris en DUT d’Informatique à l’IUT de Dijon, à la deuxième tentative alors que j’étais sur la liste d’attente. J’ai également obtenu mon DUT, avec un peu plus de 10 de moyenne, faut dire que j’ai eu des soucis personnels à la maison à ce moment là qui n’aidaient pas vraiment.

Ensuite, j’ai continué de me former avec des livres chez moi et peut être aussi déjà via internet.

Puis, en 2015, pôle emploi m’a appelé pour me proposer de faire un DU en Grands Systèmes.

Ils avaient du mal à recruter dans le domaine à l’époque.

J’ai accepté de faire cette formation accélérée.

Les formations ne me font jamais peur, bien au contraire.

Durant le stage, j’ai discuté davantage avec des personnes qui avaient repris leurs études via le CNAM. J’ai décidé alors de reprendre mes études pour devenir ingénieur en informatique, un truc qui me titillait depuis qu’une personne m’avait mis ça dans la tête lors d’un emploi aux restos du coeur.

Ce cursus est toujours en cours à l’heure actuelle. J’ai obtenu toutes les UE que j’ai passé en présentiel. Il doit m’en manquer deux ou trois. Et pour finir pour le coté scolaire, j’ai vu passer en 2019 un mail m’informant qu’une licence professionnelle de Développeur d’Applications Orientée Object allait être ouvert à Strasbourg.

J’ai postulé. J’ai eu la chance d’être pris. J’ai obtenu cette licence avec la mention Bien.

J’en suis particulièrement fier, parce que c’est le premier diplôme que j’obtenais avec une belle mention et parce que je devenais BAC +3.

Je ne cours pas après, mais ça peut compter dans l’obtention d’un poste.

Cette licence de développeur Java m’a aussi permis de revenir à un vieux rêve. Ça faisait en effet un moment que je voulais être développeur Java…mais à chaque fois, un autre langage était intéressant et ma curiosité l’emportait et je me désintéressais de Java.

Là, ça m’a permis de me recentrer dessus et je garde cet objectif en vu et continu de me former pour.

Au niveau professionnel, j’ai eu la chance de trouver vite un travail après mon DUT, mais la chance n’a pas duré. J’ai été licencié économiquement par mes premiers employeurs. J’ai dû faire 5 sociétés dans mes 10 premières années, ce qui me marque au fer rouge, encore maintenant, un recruteur me l’a fait remarquer il n’y a pas très longtemps.

Mais concrètement parlant, j’ai travaillé pour des sociétés comme une agence de photojournalisme, une agence web, une association humanitaire, une administration, une librairie.

À l’heure actuelle, j’ai dû cumuler peut-être 6-7 ans de travail… c’est terrible, mais c’est ainsi…quand je vois que dans les entretiens je dois expliquer mes trous dans mon CV…ça me désespère. Je comprends mieux pourquoi les autistes asperger ont beaucoup de mal à trouver un emploi et je ne pense pas que ça soit un problème de compétences, mais plutôt de faire passer leur enthousiasme. Heureusement, certains sont plus ouverts. Je trouve qu’une phrase d’une chanson de Calogéro résume assez bien l’histoire : « cette matière grise dont le pays n’a pas fait acquisition. » (Face à la mer – Calogéro / Passi)

-Quels sont tes centres d’intérêts ?

Alors, je dirais la lecture, apprendre, communiquer avec les gens, par message sur le net, ou par téléphone.

Ce dernier moyen, même s’il me prends beaucoup plus d’énergie, je finis par le préférer car il apporter une dose de convivialité et d’humanité en plus.

Mais ma préférence en terme de moyen de communication dépend aussi du niveau d’énergie que j’ai.

J’aime l’informatique aussi.

J’aime écrire, prendre des photos.

Je suis aussi passionné par le développement personnel, je cherche à comprendre le monde, même si j’ai une petite idée… je me renseigne aussi sur le fonctionnement des être humains… Et l’auto formation en informatique, évidemment !

J’aime aussi les arts martiaux, j’ai pratiqué le karaté que j’ai dû arrêter pour reprendre mes études. Je n’ai pas abandonné l’idée de reprendre et d’être ceinture noire, même si ce n’est qu’un passage. J’aime aider et à l’heure actuelle, je cherche à m’entourer de personnes positives et avec qui je me sentirai compris. Ce dernier point est très important. En fait, il y a plein de domaines qui potentiellement m’intéressent, mais le temps manquerait, alors je me concentre sur ce qui me plaît vraiment.

– Je crois savoir que tu es un adulte à haut potentiel intellectuel et également TDAH c’est ça ? Et en cours de diagnostic pour un TSA ?

Comment l’as-tu découvert et quand ?

Oui, c’est en effet ça. En fait, c’est assez récent…3 personnes différentes et qui ne se connaissaient pas m’ont dit quelque chose du genre : « tu ne serais pas surdoué toi ? ».

Le pire, c’est que je n’interagissais pas particulièrement avec elles.

J’étais à cent lieux de penser que je pouvais l’être… avec mes études durant l’enfance…et la vision que le grand public a des surdoués….

Puis je me suis renseigné, j’ai lu le livre de Jeanne SIAUD FACCHIN « Trop intelligent pour être heureux ».

Je m’y suis assez reconnu… Je suis également allé dans des groupes sur Facebook, mais j’en avais assez de dire « je me sens comme » ou « je pense que je fonctionne comme ».

Je voulais être sûr…même si au fond, ce n’était qu’un chiffre…mais justement, le bilan psychologique va au-delà d’un chiffre.

J’ai donc passé un test de QI en mai 2018.

Et effectivement, j’étais un individu à Haut Potentiel Intellectuel.

Mais je me suis rendu compte avec une rencontre Mensa notamment qu’il y avait autre chose, que ça ne suffisait pas à expliquer tout le décalage que je ressentais.

J’ai à ce moment là parlé avec une personne dont un enfant avait un TDAH je crois. J’ai pris un rendez-vous et il s’avère que j’avais ça, aussi… Pour le TSA, une amie m’avait déjà fait part de ses doutes quant à elle… et je m’étais assez reconnu dans la « chose ». J’ai passé un premier diagnostic en 2011 à Brumath en Alsace. En 2019, j’ai demandé à avoir une copie du dossier de l’époque… et quant au résultat, je le trouve assez évasif, je cite : « Les éléments cliniques recueillis dans ce cadre ne semblaient pas en faveur d’un Trouble du Spectre de l’Autisme ».

Mais comme je suis persévérant et que j’ai envie de me comprendre… je suis allé dans une association de personnes autistes, ou se sentant concernées, en 2019…et là, ça a été comme une révélation, je me suis senti comme avec des personnes qui partageaient au moins certains de mes « soucis ».

Du coup, un peu avant ou après, et après avoir appris que le fait d’être HPI pouvait altérer un diagnostic de TSA, je me suis renseigné pour en refaire un. J’ai eu en aout 2019 un rendez-vous dit de « screening », afin de savoir si un diagnostic avait lieu d’être. Et le professionnel qui m’a reçu a décidé que oui. Depuis, j’attends toujours un rendez-vous, qui devait être à la base d’ici fin 2019, puis d’ici fin 2020. Je relance régulièrement, mais je sens que ça va être long.

– Pourquoi t’être fait bilanter? Qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Alors j’avoue que j’ai quand même hésité… le prix et le fait que finalement, ça n’était qu’un chiffre… Et puis, comme dit plus haut, j’en avais assez de dire « je fonctionne comme » ou « je pense que je suis ».

J’avais besoin d’être sûr. Je dirais que l’intérêt a été multiple. Car ne n’est pas qu’un chiffre, c’est effectivement un bilan.

Ca a été comme une soulagement de le savoir, ça a expliqué certaines choses de mon enfance, une partie de ma différence…notamment le sentiment de décalage.

Et en même temps, j’avoue que ça fait toujours bizarre quand je le lis, comme l’impression qu’on parle d’une autre personne…j’avoue qu’il m’arrive de la relire, au moins en partie dans les moments de doute. C’est une sorte de réserve de confiance en moi.

– Quel effet cette annonce a-t-elle eu sur tes proches ? Est-ce que ce fonctionnement neuroatypique est connu et accepté dans ton entourage ?

Alors, c’est pas vraiment simple. Pour ma mère, elle n’a pas conscience de ce que ça implique, donc elle m’a juste dit « j’ai toujours su que tu étais intelligent ». Pour ma compagne, elle s’est sentie toute petite, même si ce n’était pas l’effet que je souhaite produire.

Je voulais juste lui permettre d’en savoir plus sur moi.

Connu et accepté ? Pas forcément connu non… quand ce n’est pas une obligation de la dire, je ne le dis pas forcément.

Et quand je le dis, de toute façon, ils n’ont pas le choix que d’accepter, enfin si…mais disons que je n’ai pas eu de cas de personnes qui ne me parlaient plus à cause de ça. Mais comme j’ai très peu d’amis, qui ne le savent pas forcément. Disons que les rare qui le savent le comprennent. Enfin, ça, c’est pour la vie réelle, car pour la vie virtuelle, vue mes centre d’intérêts et le groupes que je côtoie… ils sont finalement pas mal à être au courant…mais ils ne me connaissent pas vraiment…

– Comment sont tes relations avec tes pairs ? – Comment sont tes relations avec tes pairs ?

Ma compagne a du mal dans le sens ou HPI, TDAH, TSA, ça fait beaucoup pour une seule personne…et elle me dit donc parfois : mais toi, qu’est-ce qu’il y a de toi dans tout ça ?

Ce qui m’aide aussi à m’interrroger pour tenter de répondre à la question.. Mais malgré tout, ça ne doit pas être facile pour elle…elle me soutient, même si elle a parfois du mal à me comprendre…

C’est quelqu’un de bien, qui assimile de mieux en mieux les choses et donc, ça se passe de mieux en mieux.

Je crois d’ailleurs que c’est ça le manque d’empathie qu’on peut repprocher aux autistes… je peux me demander ce qu’une personne ressent et me mettre à sa place…mais je ne le fais pas par défaut.

Quand je fais un truc, je le fais comme je le ressens, je ne me demande pas comment ça sera pris…en application du principe de responsabilité.

Sinon, j’ai peu d’amis, ils se comptent sur les doigts d’une main. Ils savent comment je fonctionne car je mets un point d’honneur à être toujours moi. Comme je dis parfois / souvent : « je préfère ne pas être apprécié pour ce que je suis que de l’être pour ce que je ne suis pas. »

Ma plus ancienne amitié date de 15 ans et elle est aussi à part…on se comprend donc.

Pour mes collègues, ça dépend, en général, je m’entends et garde contact avec les atypiques.

Au niveau humain, j’ai un coté cash qui fait que si ça passe, ça passe plutôt bien, mais c’est rare. Et au niveau informatique, je peux passer pour le chiant de service, dans une formation, celui qui va aller chercher tout le temps les bonnes pratiques et pas juste ce qui fonctionne, mais je l’assume.

D’autant plus que ça me permet aussi d’avoir des bonnes notes en analyse et en développement, notamment mobiles. Faut juste que je sois en confiance et que je ne me mette pas la pression.

– Au quotidien, est-ce que cela a changé quelque chose pour toi ? Côté professionnel notamment ?

Alors, au quotidien, à part me donner un point d’ancrage et une raison objective d’avoir confiance en moi, ça n’a rien changé.

Côté professionnel aussi… ça n’a rien changé. Faut dire que c’est assez récent et c’est encore un terrain glissant que de dire qu’on est surdoué ou HPI dans un entretien.

Je préfère expliquer les conséquences de mes traits autistiques, vu que j’ai une RQTH suite à mon parcours professionnel pas évident et mes traits autistiques… et que je l’ai mis sur mon CV.

Ainsi, lors d’un processus de recrutement, l’entreprise et moi avançons en connaissance de cause.

– On parle souvent d’étiquettes quand on évoque ces sujets, qu’en penses-tu ?

Oui, on parle souvent d’étiquettes et c’est aussi pour ça que certaines personnes ne veulent pas passer le test de QI.

Pour ma part, je ne le vois pas ainsi, mais comme une tentative d’explication de mon mode de fonctionnement. Plus j’en sais sur moi et mieux je me comprends, plus je peux devenir la personne que je souhaite…en faisant avec mes … troubles et autres « joyeusetés ».

– Es-tu d’accord avec le terme de haut potentiel intellectuel ou as-tu une dénomination que tu trouverais plus adéquate ? Qui te correspondrait mieux ?

Et pourquoi… Il existe plein de dénominations : HPI, surdoué, zèbre, multipotentiels et plus récemment philocognitif…à la fin, même quand on baigne dans le milieu, on finit par s’y perdre…

Je pense pour ma part que ces différents termes correspondent aussi au fait que le gens n’assument pas forcément d’être surdoué…cette image d’être au-dessus des autres.

Jusqu’à ce que je le sache, je n’aurais jamais pensé l’être… mais à présent que j’ai fait le test, je sais que je le suis et j’assume…même si ça fait toujours bizarre quand je vois une émission de télé qui en parle…et quand je me dis que j’en fais partie…

Sinon, pour répondre concrètement à la question, je préfère le terme de HPI pour Haut Potentiel Intellectuel, car il correspond selon moi le mieux aux choses.

En effet, ce n’est qu’un potentiel…libre ensuite aux personnes après le test d’en faire ou pas quelque chose.

De vouloir faire des études, ou des formations…ou de ne rien fait de tout cela. Après le test, on se dit : « ok, et maintenant, avec ça, j’en fait quoi ? »

En fait si, au quotidien, ça m’a déculpabilisé de faire des MOOC, j’ai beaucoup moins peur d’en faire, car je sais que l’intellect suivra derrière.

Auparavant, j’avais nettement plus la peur de ne pas réussir qui me paralysait. Le terme surdoué me convient aussi… J’aimerais ajouter que beaucoup ont du mal avec le terme « sur », alors qu’il ne se pensent pas « sur », mais juste différent…alors que dans la pratique, pour avoir plus de 130 à ce test de QI où figure des épreuves chronométrées, il faut que le cerveau analyse mieux et plus vite.

Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’on soit doué dans tout… j’avoue qu’autant, je suis plutôt dans mon domaine en analyse, mais que je suis très mauvais en histoire géo par exemple.

– Que penses-tu de notre vision en France par rapport aux profils atypiques?

Alors là…. je pense que la France a 30 ans de retard voir plus…et que ce n’est pas près de changer.

Je ne vois aucune volonté politique…aucune volonté de faire des tests de QI systématiques comme dans d’autres pays comme Israël je crois…

Et à ce que j’ai cru comprendre, pour l’inclusion des personnes autiste, il y a encore du chemin à faire.

En gros, pour que la personne avec autisme soit acceptée, il faut qu’elle soit « normale ». Alors que, et les diverses opérations qui ont eu lieu le prouvent, notamment les heures aspi friendly dans les magasins, quand on fait en sorte d’avoir une politique d’inclusion, ça profite à tous.

J’ai aussi plus ou moins cru comprendre que leur volonté était de comprendre l’origine de l’autisme…mais dans quel but ? aider les personnes ou faire en sorte qu’il n’y en ait plus… j’ai bien peur que ça ne soit pas dans un but d’aide, ou pas seulement.

– Quels sont tes rêves ? Et plus concrètement tes projets ?

Mes rêves ?

Je perçois actuellement l’ASS…alors que je suis loin d’être bête… et que j’ai des compétences, mais malgré tout, au niveau du boulot, ça ne passe pas…ou pas encore… alors j’aurais des rêves comme trouver un emploi de développeur Java EE qui me permette de m’épanouir et me permette aussi de payer mes factures et de ne plus avoir de soucis financiers.

Faire un site internet et aider un maximum de gens pour les guider et les aider pour découvrir qu’ils ont du potentiel, surdoués ou pas, donner des conférences un jour, pour dire que même si on vient d’un quartier difficile, même si on a un parcours scolaire très moyen, on peut s’en sortir, qu’il faut croire en ses possibilités.

C’est ce qui manque à beaucoup de personnes et qu’on apprend pas à l’école… la confiance en soi.

En fait, ce n’est pas que j’ai particulièrement réussi, surtout professionnellement, c’est le moins que l’on puisse dire…mais j’ai appris énormément sur moi… sur la façon de prendre certaines choses de la vie et j’ai vu récemment en préparant ce site que j’avais des connaissances…et comme j’aime aider, j’ai envie d’en faire profiter le plus grand monde.

Quand on est autiste ou avec des traits autistiques, une tentation serait de nous couper du monde et de vivre en ermite, mais je pense que c’est une fausse bonne idée.

Comme dit Franck NICOLAS, un coach international que je suis depuis quelques années, « l’homme est un animal social et on a besoin les uns et des autres pour grandir, évoluer ».

Par ailleurs, j’ai aussi vu pendant ma licence que, même si ce n’est pas évident à vivre, c’est aussi au contact des autres qu’on se rend compte à quel point on est différent des autres…et qu’on apprend finalement à se connaître…tout seul, on a tendance à penser que la façon dont on se comporte est « normal » et c’est au contact des autres qu’on voit que non…les autres, la grande majorité font différemment ou se comportent différemment.

– Si c’était à refaire, y-a-t-il quelque chose que tu voudrais changer ?

D’un côté non, car on dit que ce sont nos expériences qui ont fait de nous la personne que nous sommes…

Mais d’un côté oui, bien avant de passer mon test de QI, j’ai vu des psychiatres et des psychologues, mais il a été diagnostiqué au mieux une phobie sociale…Jamais les différents professionnels de santé que j’ai rencontré n’ont vu ou ne m’ont parlé d’autisme ou de Haut potentiel…ça prouve un manque de formation…

Mais bon…la vie est ainsi faite…disons que ça m’aurait fait gagner du temps…

Catégories : Témoignages

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